Ils font#2 – ATELIER EMMAÜS

“Il ne faut pas attendre d’être parfait pour commencer quelque chose de bien.”

Cette petite phrase raisonne en nous tous les jours et c’est grâce à elle que vous pouvez lire ce magazine. Cette phrase, on devrait la transmettre à toutes les personnes qui manquent de confiance et qui n’osent plus faire quoi que ce soit. Cette phrase, pour moi, elle résume parfaitement la philosophie qui se cache derrière l’atelier Emmaüs, la très belle initiative de Guillaume Poignon qui aurait certainement été approuvée par l’Abbé Pierre lui-même.

Retour sur la genèse de ce projet

C’est, en 2015, alors qu’il est un jeune chargé de mission pour Emmaüs, responsable de l’amélioration de la traçabilité des meubles, que Guillaume Poignon a cette idée de récupérer les meubles cassés/abimés comme matière première pour en faire de nouveaux.

Une idée déjà géniale en soi. Mais pas suffisante encore… En se reportant au Manifeste fondateur de la communauté Emmaüs, on y lit : « Servir avant soi qui est moins heureux que soi ». Et c’est là que le projet de l’atelier Emmaüs prend une toute autre dimension : d’abord écologique et économique, elle devient alors avant tout sociale. La fabrication de meubles à base de matériaux de récupération se transforme en un support d’initiation au travail du bois pour les compagnons d’Emmaüs.

« On essaie de prouver que des personnes exclues de la société peuvent fabriquer – à partir de matières jetées – des meubles qui seront  vendus à des clients »

Le projet est donc né. Avec l’aide de Lisa Lejeune, designer de formation, ils vont imaginer un premier meuble.Celui-ci doit être facile à fabriquer par les compagnons qui n’auraient pas toutes les compétences requises, mais suffisamment beau et fonctionnel pour être acheté en tant qu’objet design. Comme un symbole, ce premier meuble s’appellera Henri. En référence à la citation du début de l’article, attribuée à Henri Grouès.  Et qui est cet apparemment fameux Henri Grouès ? C’est tout simplement le fondateur du mouvement Emmaüs – que nous connaissons mieux sous le patronyme de l’Abbé Pierre.

Et voici un projet bien né, bien lancé !

Pour le faire grandir encore, Lisa Lejeune intègre l’équipe en tant que Directrice Artistique, et l’atelier Emmaüs se diversifie de plus bel. En plus de l’édition de mobilier design, ça devient aussi une entreprise de menuiserie d’agencement. L’atelier est désormais en mesure de répondre à des chantiers commandés par des professionnels. Récemment, l’équipe a réalisé l’agencement de bureaux chez un bailleur social à Lyon.

Troisième corde à son arc: l’animation d’atelier de co-construction dans des quartiers prioritaires.

Ainsi, les artisans-apprenants engagés à l’atelier Emmaüs sont suivis pendant 1 an et bénéficient de 30 jours de formation sur l’année. Ils se forment sur les bases du travail du bois avec la fabrication de Henri, se perfectionnent avec l’agencement professionnel et, enfin, transmettent leurs nouvelles connaissances dans les quartiers prioritaires avec la mise en place d’ateliers de co-construction. Quand on sait que la meilleure façon d’apprendre, c’est d’enseigner, on se dit que ces artisans-apprenants sont vraiment entre de bonnes mains pour retrouver l’envie et le goût du travail bien fait.

Grace à cette petite initiative personnelle, Guillaume et son équipe fabriquent désormais de beaux meubles, à base de matériaux de récupération. Ils ont réussi à redonner un peu de fierté et de confiance à leurs 4 premiers artisans-apprenants suivis cette année. Souhaitons-leur le meilleur et une extension des programmes, avec 10 artisans-apprenants en 2018, 20 en 2019…

Bonne continuation aux ateliers Emmaüs !

Pour en savoir plus :

https://atelier-emmaus.org
IG: atelier_emmaus