Ils font#1 – ATELIERS MAXIMUM

Ils font partie de cette nouvelle génération de designers sans à priori, ni complexe. Et dieu sait si il faut être un peu culotté pour proposer du mobilier de qualité à base de déchets de l’industrie.

À l’origine, ce sont trois copains qui décident de s’associer pour fabriquer du mobilier design à partir de matériaux de récupération. Mais c’est en trouvant cette riche idée qu’ils font preuve de génie (n’ayons pas peur des mots) : ils ont décidé de se fournir en matière première dans les poubelles des grandes entreprises, celles qui ont le plus de déchêts réguliers.

Résultat, ils ont des sources de matière première infinies (par rapport à leurs besoins actuels) et d’une grande qualité car ce qui est considéré comme un déchet par l’industrie reste une véritable matière pour la production de mobilier.

Leur processus de création est aussi simple qu’efficace : au départ, une récolte. Cette moisson est tellement centrale, essentielle que chez Maximum c’est une personne à temps complet qui en est responsable. Dans les agences, chez les éditeurs il y a toujours une matériauthèque – ici, c’est une déchethèque ! Et cette déchethèque, c’est leur corne d’abondance, leur source même d’inspiration pour créer le mobilier d’aujourd’hui et de demain.

Actuellement, 3 objets sont déjà proposés dans leur catalogue : la chaise Gravene, le tabouret Rotoman et la table Clavex.

Lors de la Paris Design Week, ils présentaient aussi deux nouveaux projets en passe d’aboutir : une lampe très versatile conçue pour être posée ou suspendue et réalisée à base de néons hors d’usage… Là encore, une belle idée puisque les néons utilisés n’étant plus fonctionnels, ils servent de diffuseurs à une  lumière LED et non de sources lumineuses comme dans leur précédente vie.

Enfin, qui n’a jamais rêvé de s’asseoir confortablement sur une barrière vauban déclassée ? Quelques chutes de matelas récupérées auprès de la société bultex et elle se transforme en canapé confortable.

Mais revenons plus en détail sur la genèse de la chaise Gravene. À l’origine, il y a un leader de la plasturgie. Celui-ci, lors des changements de teinte de son polyéthylène, doit se débarrasser d’environ 100kg de matière non-vendable car la couleur n’est pas maitrisée. Pour autant, cette texture est parfaitement utilisable pour ceux qui peuvent s’accomoder de sa teinte. Dans un premier temps, ils ont mis leur moule directement sous l’extrudeuse afin de récupérer directement le plastique fondu. Malheureusement, cette méthode n’était pas compatible avec le process du plasturgiste. Mais comme le projet était intéressant pour les deux parties, l’industriel leur a fourni une ancienne extrudeuse afin qu’ils puissent continuer à valoriser les rejets de plastique. Ainsi, la machine transforme la matière en spaghettis de plastique liquide. Un moule unilatéral, réalisé à l’origine avec une demi-baignoire, recueille la matière en fusion, faisant s’opposer une face intérieure maitrisée et confortable avec une surface extérieure irrégulière portant le récit de son procédé de fabrication.

D’autre part, de nombreux appartements parisiens ayant subi les outrages du temps se voient déposséder de leur plancher en chêne massif. Il n’en fallait pas plus pour qu’ils se mettent en quête d’une société en mesure de leur fournir cette ressource de grande qualité.

Un piètement en bois massif rappelant les charpentes anciennes, associé à une coque en plastique moderne et aux combinaisons de couleurs illimitées, telle est la recette d’un cocktail explosif sur le marché du mobilier. Gravene est autant une réussite d’un point de vue design que d’un point de vue commercial.

Souhaitons leur beaucoup de réussite car tout en préservant la terre des ressources nécessaires à leur production, leurs meubles vident en plus les poubelles de nos industriels.

Pour en savoir plus :

https://www.maximum.paris/
IG: ateliersmaximum

    

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